LA SAGESSE N'EST PAS QUELQUE CHOSE QUE TU PEUX EMPORTER DANS TA TÊTE.

MAÎTRE ZEN DAE BONG

Note de la rédaction :L'article suivant est tiré d'une conférence plus longue donnée par le Maître Zen Dae Bong sur ce qui signifie être un enseignant du Dharma. Maître Zen Seung Sahn avait la qualité d'être très direct, vif et spontané dans ses conférences et ses enseignements. A la base il y avait une mise en place très organisée des bases de la tradition et de la pratique Zen. La conférence de Dae Bong Sunim présente de manière convaincante et claire ces éléments.

Voici quelques points importants de Dae Soen Sa Nim au sujet de notre enseignement au sein de l' Ecole Zen Kwan Um. D'abord, qu'est-ce qu'un enseignant de Dharma ? Dharma signifie la Vérité, atteindre la Vérité. La vérité se situe avant les discours, avant les mots. Dans notre pratique, d'abord, nous devons atteindre ce point avant les discours, avant les mots. Alors, nous pouvons atteindre la vérité et la vie correcte de l'être humain. C'est un des sens du Dharma. Enseignant signifie quelqu'un qui aide les autres. Les êtres humains sont particuliers car ils ont des enseignants. Certains animaux enseignent un peu à d'autres, Mais la plupart des animaux, la plupart des choses, dans le monde ont leur programme déjà mis en place à l'intérieur. Mais nous les êtres humains avons appris de chacun de nous, donc les enseignants sont importants. Donc un enseignant du Dharma est quelqu'un qui enseigne la vérité. Chaque chose que nous faisons dans notre vie est une sorte d'enseignement. Ainsi si nous essayons de vivre dans la vérité, alors nous enseignons la vérité aux autres.

Pour un enseignant du Dharma, pratiquer sincèrement est une chose très importante. Cet esprit sincère est déjà un grand enseignement. A la suite de ça, il est important de voir mon karma, et dessayer de réparer cela. Dans la Bible, Jésus dit :"Pourquoi cherchez-vous la poussière dans l'œil de votre frère, et ne faîtes pas attention à la poutre qui est dans votre œil ?", cela signifie qu'il est très facile de voir le karma chez quelqu'un d'autre, mais qu'il est difficile de voir son propre karma. Ainsi le 6eme Patriarche disait ;" Ce que je vois sont mes propres fautes, ce que je ne vois pas et le bon et le mauvais des autres." Le plus important est de voir mon karma, contrôler mon karma, faire que mon karma disparaisse, atteindre mon karma, et alors utiliser mon karma correctement.

Dans le Bouddhisme, on dit qu'il y a quatre chemins pour aider les autres, ce sont les quatre sortes d'action de bodhisattva. Bouddha en a parlé. La première obligation est de donner aux autres ce dont ils ont besoin ou ce qu'ils veulent. Peut-être que certains ont besoin de nourriture, d'autres d'être vêtus, d'autres de médicaments, ou d'autres veulent énormément quelque chose. Si nous donnons ces choses à ces personnes alors leur esprit sera apaisé.

La deuxième sorte de don est d'apporter des paroles encourageantes. Cela signifie un discours qui aide les personnes à croire en elles-même. Par exemple, peut-être qu'un enfant de trois ans fait un dessin, pour nous cela ressemble à un gribouillis, mais quand nous lui demandons ce que c'est, il nous répond :"Oh ! C'est un éléphant." Alors si nous leur disons;" Oh ! Ce n'est pas un éléphant, c'est moche, cela ressemble juste à un gribouillis." Peut-être qu'ils auront un mauvais ressenti et ne voudront plus recommencer, mais si nous leur disons, "Oh ! C'est super ! Waou, c'est un gros éléphant ! Dessine-en un autre s'il te plaît." Alors ils auront cet esprit d'encouragement, il croient en leux-même et ils veulent essayer... Ainsi, cette sorte de bon discours, cette parole encourageante aide réellement les gens.

La troisième sorte d'action de bodhisattva signifie enseigner la vérité, parler de la nature de ce monde ; "Si tu fait de bonnes choses, tu obtiendras de bons résultats. Si tu fais de mauvaises choses, tu auras de mauvais résultats, tu auras de la souffrance. Donc, qu'est-ce que tu préfères ?"  Cette façon de parler, en enseignant le dharma, en enseignant la vérité aux autres, cela aide beaucoup les gens.

Mais parfois, les gens ne peuvent pas entendre ces trois choses. Ils souffrent encore et gardent leur désir et leur colère et leur ignorance. Alors il y a une quatrième action de boddhisattva, que nous appelons l'action ensemble. Quelquefois, Bouddha appelait cela l'action d'identité. Cela signifie seulement agir ensemble avec eux. S'ils aiment danser, alors dansons ensemble. S'il aiment manger, alors mangeons ensemble. S'ils aiment voler, alors volons ensemble.

Bouddha disait aussi que dans sa vie, il y a trois sortes de dons. Donner est une grande vertu, c'est la première des six paramitas, la générosité. La première est de donner des objets, donner des objets dont les gens ont besoin, des choses matérielles, de l'argent, des choses comme ca. C'est merveilleux et apporte de bons résultats. Cela aide aussi les autres.

Ensuite, un don plus élever est donner votre vie. C'est comme le soldat ou le pompier ou le policier, parfois le docteur, toute personne se trouvant dans une situation et qui agit en faisant abstraction de sa propre vie seulement pour aider quelqu'un. C'est une forme de don très élevée.

La troisième sorte, la plus élevée, est de donner le dharma. Cela signifie que si nous apprenons correctement à pratiquer et que nous atteignions réellement notre vraie substance ainsi que la vérité et et la fonction correcte, alors nous pouvons donner le dharma aux autres. C'est la plus haute forme de don.

Le Maître Zen Seung Sahn parlait toujours des quatre formes de problémes de l'esprit : vouloir quelque chose, être attaché à quelque chose, vérifier quelque chose, garder quelque chose. Ces quatre choses sont une sorte de maladie de l'esprit. Ces choses provoquent la souffrance pour nous-mêmes et pour les autres. Donc nous disons toujours : Ne pas vouloir, ne pas s'attacher, ne pas vérifier, ne pas garder. Si vous voulez quelque chose, ne vous y attachez pas. Alors il n'y a pas de problème. Si vous vous attachez à quelque chose, ne le vérifiez pas, alors pas de problème. Si vous vérifiez quelque chose, ne le gardez pas, alors pas de problème. Si vous gardez quelque chose, alors vous avez un gros problème. Donc, ce qui est vraiment important c'est de percevoir nos désirs, nos attachements, notre besoin de vérifier, de garder en soi ; et d'enlever ces choses.

Etre un enseignant du dharma signifie vouloir comprendre notre propre nature et sauver tous les êtres de la souffrance. C'est l'orientation de notre vie ; c'est le travail de l'enseignant de dharma. Si cela est clair, alors aucune sorte de situation d'enseignement  de dharma n'a d'importance. La direction est la même. Etre un laïc, un moine ou une nonne n'a pas d'importance. Si nous essayons juste de comprendre notre vraie nature et que nous voulions sauver tous les êtres de la souffrance, alors c'est être un véritable enseignant du dharma.

Le deuxième point est, qu'est-ce que la méditation ? Dans ce monde, il y a beaucoup de sortes de méditation : la méditation chrétienne, la méditation de la lumière divine, la méditation du yoga, la méditation relaxe-ton-corps, la méditation vole-dans-le-ciel, la méditation obtiens-pouvoir-psychique. Même dans le bouddhisme, il y a beaucoup de sortes de méditation : les styles tibétains, les styles theravada, même des styles zen différents.

Dans le zen nous disons que la méditation signifie que quand vous faites quelque chose, ne faites que cela. Quand vous conduisez dans la voiture, ne faites que conduire. C'est la méditation de la conduite. Quand vous jouez au tennis, ne faites que jouer au tennis; ne pensez pas "A quoi je ressemble ?". Quand vous mangez, ne faites que manger. Quand vous parlez, ne faites que parler. Quand vous faites la vaisselle, ne faites que la vaisselle. Quand vous faites quelque chose, faites-le à 100 %. Alors votre esprit, votre corps et votre situation, tous deviennent Un. Le nom pour cela est méditation. C'est un esprit qui ne bouge pas. Votre esprit et la situation deviennent complètement Un. C'est la méditation.

C'est très important. Dans le Zen, notre méditation n'est pas spéciale, elle n'est pas séparée de chaque instant de notre vie de tous les jours. Quand vous faites quelque chose, faites-le simplement. C'est très difficile à faire pour les gens, alors nous avons des formes simples de méditation formelle : s'assoir, se prosterner, chanter. Nous utilisons ces formes simples pour nous libérer de notre karma. Enfin, quand nous faisons quelque chose, nous pouvons le faire simplement. A ce moment-là, notre méditation et notre vie journalière ne sont pas séparées. Alors notre vie entière devient une pratique spirituelle. Dans ce monde, beaucoup de gens comprennent le mot méditation, mais ils pensent qu'il s'agit quelque chose de spécial, et ils ne comprennent pas méditation véritable et correcte. L'enseignement du Zen est très exceptionnel, très clair.

Le troisième point concerne la méditation formelle : les prosternations, l'assise, les chants, la marche. La pratique de prosternations signifie que très rapidement votre corps et votre esprit deviennent Un. C'est aussi un bon moyen de se séparer d'un esprit paresseux, du désir et de la colère. Quand vous dormez, votre corps est allongé sur le lit, mais votre esprit vagabonde et va quelque part. Peut-être allez-vous à Las Végas ou à l'océan ou à New York, ou qu'un monstre vous poursuit. Bien que votre corps soit dans votre lit, votre conscience va déjà quelque part. Souvent, lorsque nous nous réveillons, notre conscience et notre corps ne sont pas aussitôt connectés. Alors vous errez dans la maison, buvez un café, heurtez des objets. Doucement votre conscience et votre corps se reconnectent de nouveau. C'est pourquoi, en premier le matin, nous faisons ces 108 prosternations. A travers ces 108 prosternations, notre corps et notre conscience deviennent rapidement Un. Alors, demeurer clair et agir clairement sont possible.

Nous nous prosternons toujours 108 fois. Cent huit est une nombre qui vient de l'Hindouisme et du Boiddhisme. Il y a 108 souillures ou compartiments dans l'esprit. Alors chaque prosternation retire une souillure ; elle nettoie u compartiment de l'esprit. La pratique des prosternations est comme une cérémonie de repentance chaque matin. Dans la journée, dans notre sommeil, notre conscience vagabonde autour de nous.Nous créons aussi beaucoup de choses dans notre conscience. Alors, nous nous repentons !Quand nous faisons 108 prosternations, c'est déjà le repentir de nore pensée folle, le retrait de notre pensée folle.

Il y a certaines personnes qui ne peuvent pas s'assoir. Peut-être ont-elles un esprit un peu fou ou trop de pensées. Si elles s'asseyent , elles ne peuvent pas contrôler leur esprit. Pour elles les prosternations sont très bonnes. Utiliser votre corps d'une certaine manière est très important. Cependant, avoir une direction claire concernant les prosternations est aussi important. Je veux laisser tomber mon petit moi, voir ma vraie nature et aider tous les êtres. L'exercice peut aider votre corps et votre esprit à devenir Un, mais avec n'importe quel exercice la direction n'est souvent pas claire. Quelquefois c'est pour ma santé, d'autres fois pour ma belle apparence, quelquefois c'est pour gagner une compétition; mais dans le bouddhisme, la direction de toutes les choses mène vers le même point, comment percevoir ma vraie nature et sauver tous les êtres de la souffrance. Les prosternations signifient prendre notre esprit du karma, notre esprit pensant, et revenir à cet instant très clairement. Je veux trouver ma vraie nature et sauver tous les êtres de la souffrance. Ainsi la pratique de la prosternation est très importante. Si quelqu'un a beaucoup de colère, ou beaucoup de désir ou un esprit paresseux et veut résoudre cela, alors s'il fait 300 prosternations, 500 prosternations, 1000 prosternations chaque jour, leur centre va devenir fort, il peut contrôler son karma, meetre de côté son karma et devenir clair. Donc la pratique des prosternations est particulièrement bonne pour ca.

Ensuite, la pratique de l'assise. La pratique de l'assise signifie simplement trois choses : corps, souffle et esprit.

Le point suivant est comment garder son esprit. Bouddha avait une seule grande question : Qu'est-ce que la vie ? Qu'est-ce que la mort ? Qu'est-ce qu'un être humain ? Que suis-je ? Il a cherché et finalement il a seulement su qu'il ne savait pas. Alors il est allé là, directement, pendant six ans "ne sais pas". La pratique correcte de l'esprit signifie cette grande question "Que suis-je ?  Ne sais pas", mais avoir ce genre de question à l'esprit peut être très difficile. Au plus profond de nos esprits, nous devons avoir cette question, mais il n'est pas nécessaire de s'arrêter aux mots. Bien que nous ayons de multiples techniques de pratique de l'esprit, la pratique correcte de l'esprit veut dire aller uniquement directement avec le "Ne sais pas" : Avoir cette grande question, vouloir comprendre mon propre moi et sauver tous les êtres.

Ensuite, le chant. Le chant est très important et c'est aussi une merveilleuse pratique. Si vous gardez votre énergie dans votre tête, alors il y aura beaucoup de pensée de désirs et de souffrances. Si vous gardez votre énergie dans votre poitrine, alors il y aura trop d'émotions, alors la pensée incorrecte apparaitra. "J'aime ca, je n'aime pas ca, c'est bon, c'est mauvais". Cette pensée domine votre vie et vos actions. Si vous renvoyez votre énergie vers le bas de votre ventre, alors c'est facile de devenir clair et que la sagesse apparaitsse Si les gens ont trop d'émotions, ou des émotions négatives, alors la pratique du chant est très bonne pour eux.

Nous parlons de trois sortes d'esprits : l'esprit perdu, l'esprit Un et l'esprit clair.  Quand vous faites la pratique du chant, il est facile d'expérimenter clairement l'esprit perdu, l'esprit Un et l'esprit clair. L'esprit perdu signifie que vous faites une chose mais pensez à autre chose. Par exemple, pendant les chants, votre bouche chante, mais votre esprit pense à tout ce que vous devez faire aujourd'hui, ou une conversation qui a eue lieu, ou à quelque chose que vous voulez. Quand vous chantez, mettez toute votre énergie dans le son. Quelque soit la pensée, les sensations ou quoiqu'il se passe, prenez cette énergie et mettez la dans le son. Alors, à la fin, votre esprit deviendra un seul esprit, seulement le son "Ma ha ban ya ba ra mil ta", seulement du son. C'est ce que nous appelons l'esprit Un. Donc, il n'y a pas de pensée du tout, seulement le son. Cela se nomme aussi le samadhi. C'est une très bonne sensation. Aussi il est important de ne pas s'attacher à cet esprit samadhi. Un pas de plus est nécessaire : écoutez votre voix, écoutez la voix des autres. C'est ce que nous appelons l'esprit clair.

Chanter en fait c'est plus de 50% d'écoute. Vous devez aussi ouvrir vos oreilles. Premièrement, dirigez toute votre énergie dans le son, alors vous écoutez votre son et celui des autres. C'est la pratique correcte du chant, la pratique de l'esprit clair. Si quelqu'un a trop d'émotions, trop de pensées, trop de mauvais karma, alors la pratique du chant aidera réellement cet esprit perdu à devenir un; alors l'esprit un devient clair. C'est l'importance de la pratique du chant.

Nous ne parlons pas beaucoup de la méditation en marche. La méditation en marche est souvent perçue comme une pause de l'assise. C'est plus que cela. C'est très important, quand vous marchez, de renvoyer votre énergie vers votre danjoen, votre bas-ventre, et de sentir vos pieds toucher le sol. Dans notre style de marche, les mains s'entrecroisent. Dans certains styles la main gauche est dans la main droite; dans d'autres styles, la main droite est dans la main gauche. Dae Soen Sa Nim a dit un jour : " Et bien, c'est bon, mais alors peut-être  que cette main droite ou cette main gauche ont une mauvaise sensation." Donc nous entrelaçons nos mains. Ainsi les 2 mains sont à égalité ; les 2 mains sont heureuses. Nous posons nos mains sur cet espace danjoen et marchons à une sorte de rythme normal : pas trop doucement, pas trop vite. De cette manière, notre méditation en marche est aussi une sorte de pratique de la vie quotidienne, sans rien de spécial.

Voilà ce que sont les prosternations, l'assise, les chants, la méditation en marche. C'est notre style de méditation formelle. Alors nous essayons ceci tous les jours, jour après jour, et alors ce centre apparait. Ce centre avant la pensée apparaît. Alors nous pouvons expérimenter ce qu'est l'esprit de la méditation, et dans notre vie de tous les jours, changer nos actions journalières en méditation correcte. Donc, notre pratique spirituelle et notre sagesse vont réellement grandir.

Le quatrième point : la substance, la vérité et la fonction. Un point central de notre enseignement est de faire que la substance, la vérité et la fonction soient très claires. C'est une des activités de notre pratique correcte des kong-an. La substance signifie la nature avant la pensée. Parfois nous l'appelons point primaire. Cela ne peut pas être exprimé par des mots ou un discours car c'est avant la pensée. Guji levait toujours un doigt. Lin Chi hurlait toujours "KATZ". Le Maître Zen Duk Sahn frappait toujours les gens. Le style de notre école est de frapper le sol. D'abord, reviens vers ta nature avant la pensée, ensuite, si tu atteins correctement ta substance originelle, tu peux voir clairement, entendre clairement, sentir clairement, gouter clairement, ressentir clairement. Tout est clair. Le ciel est bleu, l'arbre est vert, le chien fait "wouf wouf", le sucre est doux. Tout est juste reflété dans ton esprit. Nous disons, si tu gardes ce point de frappe, alors ton esprit est clair comme l'espace. Clair comme l'espace signifie clair comme un miroir. Le miroir ne fait que refléter. Le rouge apparaît : c'est rouge, le blanc apparaît : c'est blanc. Ainsi lorsque tu regardes le ciel, il est juste bleu.Quand tu vois un arbre : juste vert. Quand tu entends un chien aboyer, il y a juste "waf waf". Le nom pour cela est vérité. Donc tout dans cet univers est vérité, juste de la manière dont il est, ne dépendant pas de nos pensées ou de nos opinions.

Atteins la vérité. Alors un pas de plus est nécessaire. Comment la vérité peut fonctionner correctement pour rendre la vie correcte ? Nous disons "en aidant les autres". Ce qui signifie, quand tu as faim, mange, quand tu es fatigué, dort. Quand quelqu'un a faim, donne-lui à manger. Quand quelqu'un a soif, donne-lui à boire. Quand quelqu'un souffre, aide-le.  Le nom pour cela est la situation correcte, la fonction correcte,  la relation correcte. Le bouddhisme appelle ausssi cela le grand amour, la grande compassion, la grande voie du boddhisattva. C'est notre pratique. C'est la vie correcte. C'est le Zen. Ainsi, la substance, la vérité et la fonction tout devient très clair.

Cinquième point :  Quelquefois j'ai entendu Dae Soen Sa Nim dire que dans la pratique, deux choses sont très importantes : la direction correcte et l'esprit persévérant. La direction correcte signifie vouloir trouver notre vraie nature et sauver tous les êtres de la souffrance. L'esprit persévérant signifie essayer. Fait le simplement, essaye juste. Un jour il nous dit : " Si vous avez essayé l'esprit et la direction correcte, alors vous avez la pratique correcte. Alors un jour, vous réaliserez que l'esprit persévérant et la direction correcte, c'est l'illumination." La direction correcte, nous pouvons l'obtenir par nos enseignants de dharma. Cela peut nous être montré par nos enseignants de dharma, nos Maîtres Zen. Mais l'esprit persévérant, il n'y a que nous qui pouvons l'apporter. Donc, il est très important pour tout le monde d'essayer.

Sixièmement, la pratique des kong-an. C'est spécifique à la pratique du Zen. La pratique des kong-an a deux fonctions principales. D'abord, nous aider à toujours revenir à la direction correcte de la pratique. Certaines personnes pratiquent pour se sentir mieux. D'autres pratiquent pour résoudre leurs problèmes. Il y a toutes sortes de raisons, et toutes ces raisons peuvent être bonnes, mais la direction originelle de notre pratique est très importante ; Ne sais pas, y aller directement, ne sais pas.; Ainsi lorsque vous n'arrivez pas à répondre à un kong-an, déjà votre esprit revient à "ne sais pas". Cela nous aide à garder notre direction de pratique. Certains ne veulent que le calme de la méditation. D'accord, mais cela ne peut pas vraiment aider votre vie. Ainsi la pratique des kong-an vous aide à garder cette direction de la pratique correcte du ne sais pas.

Un second point est que la pratique des kong-an nous aide à trouver la fonction correcte. A mesure que nous pratiquons les kong-an, nous commençons à voir clairement la substance, la vérité et la fonction, et alors nous pouvons trouver la fonction correcte dans notre vie. A la base, il y a deux formes de kong-an ; l'un teste notre esprit de méditation, à quel point notre esprit est immobile. C'est comme un combat à l'épée; l'enseignant attaque, vous répliquez, ensuite l'enseignant, de nouveau vous, puis l'enseignant et vous. Ainsi vous pouvez voir combien de temps vous pouvez garder votre esprit immobile. Le second type de kong-an teste notre sagesse. Cela signifie notre fonctionnement. Il est très important que notre pratique des kong-an soit en connexion à notre vie quotidienne. Aussi les trois objectifs principaux de la pratique des kong-an sont de nous aider à garder la direction correcte de la pratique qui est ne sais pas, de trouver la fonction correcte et finalement d'atteindre la liberté.

Septième point : si la méditation, la connaissance (ou vue correcte) et la vie quotidienne sont connectées à notre pratique, alors notre vie spirituelle est complète. Pour certaines personnes, leur vie spirituelle et leur quotidien sont séparés; alors cela ne peut jamais être ni satisfaisant, ni complet. La méditation signifie esprit immobile : quand vous faites quelque chose faîtes le simplement. La vision correcte provient de la pratique des kong-an et de l'étude correcte. Comment puis-je connecter ma pratique à ma vie quotidienne ? Si nous comprenons la méditation correcte alors cela nous aidera déjà à l'associer à notre quotidien. Nous pouvons faire de notre vie quotidienne une méditation. Alors la sagesse apparaitra, et nous sommes vraiment capables d'améliorer notre vie à travers notre pratique. Aussi, notre vie nous enseignera comment pratiquer mieux.

Le huitième point concenre la forme. D'abord, le but. Le but de la forme est de nous aider à faire fi de nos opinions et d'atteindre l'esprit originel. Chaque chose que nous faisons dans la vie a une certaine forme. En ayant une forme simple et en la faisant simplement ensemble, cela nous permet de voir notre point de vue, instant après instant, s'estomper, et alors soudainement d'atteindre notre esprit originel, qui est ouvert, vaste et libre. La plupart des gens qui aiment la liberté, en particulier aux USA, sont attachés à elle, mais ne sont pas réellement libres.  Quand ils sont dans une situation structurée, leur esprit "j'aime" et "je n'aime pas" apparaît et ils ne peuvent pas suivre la situation. Mais si vous êtes réellement libre, cela signifie que vous êtes également libres de ce que vous aimer et de ce que vous n'aimez pas. Même si vous avez des choses que vous aimez et d'autres que vous n'aimez pas, vous n'y serez pas assujetti. Ainsi il est possible de suivre n'importe quelle forme pour aider les autres. Donc, la première intention de la forme est de nous aider à faire fi de mon opinion et d'atteindre l'esprit originel.

Le prochain objectif est de nous aider à fonctionner ensemble harmonieusement. Dae Soen Sa Nim disait souvent : "Suivez la situation et obtenez alors le bonheur". Dans chaque contexte, notre enseignement est de toujours suivre la situation. Si vous allez dans un temple tibétain, pratiquez la forme tibétaine. Si vous visitez un temple japonais, suivez le style japonais. Si vous venez dans un temple de l'école Zen Kwan Um, alors suivez la forme de l'école Zen Kwan Um. Si vous apprenez cette démarche et pouvez vivre de cette manière, alors quelque soit la situation, vous pouvez créer l'harmonie, laisser tomber vos opinions, atteindre votre esprit originel, obtenir la sagesse et être d'une grande aide pour les gens. Cela signifie garder notre grande direction.

Apprenez à utiliser vos yeux, vos oreilles, vos mains, votre corps entier. Si vous allez dans autre centre Zen et regardez ce qu'ils font, rapidement vous serez capable de les suivre. Alors souvent ils sont surpris, parce que la plupart du temps nous devons dire aux gens encore et encore qu'est-ce qu'une forme particulière. Beaucoup de personnes ne sont pas capable d'utiliser correctement leurs yeux, leurs oreilles, leurs mains. Si nous les étudiants de Zen apprenons à utiliser nos yeux, nos oreilles, nos mains correctement, alors nous sommes capables de nous connecter avec les autres et d'autres situations beaucoup plus rapidement.

Finalement, nous évoquons toujours l'action en commun. L'action commune crée l'harmonie. Par l'action commune, je laisse tomber mes opinions et je suis capable de suivre les autres. Alors, les autres vous suivront. Dae Soen Sa Nim disait parfois : Si vous voulez aider quelqu'un, alors vous devez le suivre, le suivre, le suivre. Puis, reprenez les choses en mains et allez dans la bonne direction. Alors souvent il vous suivra."

Le neuvième point est la pratique. Un jour au Centre Zen de Cambridge, un étudiant demanda à ,Dae Soen Sa Nim durant une conférence de dharma formelle : "Je pratique depuis trois jours, pouvez-vous me donner un conseil qui pourrait aider ma pratique ?" Dae Soen Sa Nim répondit : "Combien de jours avez-vous pratiquez ?" L'étudiant dit :"Seulement trois jours." Alors Dae Soen Sa Nim dit : "Trop long ! " Et il dit : " Trois jours, vingt ans, aucune importance. Ce qui est très important est ce moment. Que faites-vous en ce moment ? Si ce moment est clair, toute votre vie est claire. Si ce moment n'est pas clair, toute votre vie n'est pas claire. Alors ne cherchez pas :  "j"'ai pratiqué trois jours, un an, dix ans, vingt ans; Simplement, que fais-je en ce moment ? Ca, c'est très important." Cette sorte d'approche aide réellement les étudiants parce que c'est vrai et très clair.

Une autre chose au sujet de la pratique est que souvent, après trois ans, et parfois entre sept et dix ans, les gens qui pratiquent ont quelques problèmes avec leur pratique. Quand vous commencez au début à pratiquer, la plupart du temps vous obtenez une sorte de résultat rapide. Vous obtenez un certain soulagement à propos d'un problème dans votre vie, ou une capacité à vous voir mieux. Alors vous commencez souvent à sentir que, " Bon, je crée plus de pensées qu'avant." Mais tout ce qui se passe réellement, c'est que vous commencez à voir vos pensées. Mais parfois, après trois ans, certains commencent à ressentir qu'ils ne font pas de progrès et ne peuvent pas comprendre pourquoi leur pratique ne les aide plus.

 Je dis toujours que notre karma est comme une boule de glace. Quand vous allumez un feu au-dessous d'elle, tout de suite quelques endroits commencent à fondre et vous avez la sensation de faire réellement des progrès. Mais après quelques années, vous avez fait fondre la surface extérieure mais l'intérieur est très dur et le même feu n'agit plus et vous commencez à douter de votre pratique et de vous-mêmes. A ce point, il est très important simplement de pratiquer plus dur et de persévérer. Simplement continuer. Ne vous contrôlez pas. Ne contrôlez pas votre pratique. Ne vérifiez pas les résultats. Alors vous surmonterez cet obstacle et de nouveau réaliserez des changements et des progrès. Aussi, souvent entre sept et dix ans, une situation ou des problèmes similaires vont apparaitre. Alors encore, c'est très important de continuer, d'essayer, tout simplement. Alors vous obtiendrez toujours les résultats.

Un autre thème que Dae Soen Sa Nim abordait occasionnellement en relation avec la pratique ou le karma est ce qu'il nommait le karma persistant. Le karma persistant est quelque chose d'ancré profondément dans notre conscience. Même si votre pratique est parfaite et votre ressenti très clair, parfois certaines situations apparaitront et boom ! Votre karma apparait, des désirs, des opinions, et aussitôt vous n'arrivez plus à vous contrôler. C'est ce qu'on appelle le karma persistant, et ca vous attrape habituellement par surprise. Bien, le remède  à apporter est simple : une pratique forte. Si vous pratiquez avec force, alors l' énergie de votre pratique vous portera au travers de ce karma et soudainement votre esprit de nouveau sera clair et vous serez capable de vous libérer. Si votre pratique n'a pas été assez forte, et que ce karma persistant apparaît, il est très important de pratiquer fortement. Alors vous pouvez traverser cela sans créer de problèmes et d'obstacles pour vous-mêmes et les autres.

Un point supplémentaire : L'enseignement de Dae Soen Sa Nim au sujet de la méditation et la sagesse. Méditation signifie un esprit qui ne bouge pas. Quand vous faites quelque chose, faites le simplement. Si on pratique de cette façon on est capable d'obtenir une position solide. Mais parfois les gens  ont une expérience assidue de la pratique, alors ils s'approprient cette expérience et l'amène dans une sorte de discernement, alors il est très difficile de leur apporter un enseignement  et ne peuvent pas percevoir la sagesse parce qu'ils ne conçoivent que leur compréhension propre.

Nous affirmons que la sagesse vient de la pratique correcte des kong-an et de l'action commune. et il est spécialement important d'avoir une pratique correcte des kong-an. Si vous avez une question importante, ne tentez pas d'y obtenir une compréhension quelconque mais n'ayez qu'une question importante.  Revenez constamment vers l'esprit  ne sais pas et garder le cap sur sauver tous les êtres, la sagesse apparaitra. Dans notre enseignement, ces points sont explicites et clairs : substance, vérité, fonction et aussi méditation et sagesse. La sagesse n'est pas quelque chose que vous abritez dans votre tête. C'est l'habilité de répondre automatiquement à une situation qui amène à sauver tous les êtres de la souffrance.

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